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Personnages célèbres de la ville d'Aubonne Jacques Elie Abraham HERMANJAT (1862 - 1932) Artiste peintre de La Côte vaudoise établi à Aubonne dès 1908 |
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Abraham HERMANJAT 29.09.1862 - 12.10.1932
Dans le petit opuscule consacré au peintre par le Musée du Léman, à Nyon, M. André Kuenzi rappelle en quels termes Paul Budry, son biographe, décrit dans l'ouvrage édité en 1932 les traits caractéristiques de l'artiste :
"...Il prête à ce trait de couleur, tombé là, en cette place, à cette seconde, en vertu d'une détermination profonde, la valeur d'une parole, d'un témoignage où l'être est engagé. Les cellules de cette matière picturale sont prises à ses fibres mêmes. Et l'unité singulière de ces tableaux ne provient pas d'une savante exploitation du disque chromatique ni d'une construction plastique préméditée, ni des harmonies de surface, mais du fait que ces mille touches sont issues d'un foyer unique en conservant la forme et la chaleur du creuset. A travers l'écran, j'aperçois la source de lumière colorée que le peintre a près de son cœur." La mémoire d'Abraham Hermanjat à Aubonne
Nonobstant la démolition en 2007 de la maison qu'il avait fait construire en 1911, la mémoire du peintre est conservée à Aubonne en deux endroits,:
► Nom d'une salle communale à Aubonne
► Nom d'une avenue à Aubonne
L'avenue Abraham Hermanjat part du giratoire sis près de l'église catholique en direction de Bougy et Montherod (axe N-S). Le plan ci-dessus fait ressortir par ailleurs l'emplacement de la parcelle acquise par le peintre en 1911 et où il a fait édifier sa maison (démolie en novembre-décembre 2007)
Bibliographie
Parmi les ouvrages disponibles, on notera les publications suivantes :
Exposition des œuvres du peintre
Si une bonne partie des œuvres du peintre font actuellement partie de collections privées et ne peuvent par conséquent être vues du grand public, un certain nombre d'œuvres du peintre sont par contre en exposition permanente au Musée du Léman, à Nyon, qui lui a réservé à cet effet deux salles au premier étage, suite à la donation faite par Germaine Hermanjat.
au n° 4, à Nyon.
Il est ouvert aux horaires suivants :
Du 1er avril au 31 octobre : 10h-17h
ENTRÉE LIBRE CHAQUE 1er
DIMANCHE DU MOIS ►Lien internet : http://www.museeduleman.ch/
Remerciements
Que soient ici vivement remerciés le Musée du Léman de Nyon et ses collaborateurs qui ont permis au webmestre par leurs précieux renseignements et documents de rédiger le contenu de ce sujet et de maintenir ainsi vivante pour les générations futures la mémoire d'Abraham Hermanjat qui choisit de se fixer définitivement à Aubonne dans la deuxième partie de sa vie.
Vue du château d'Aubonne peinte par A. Hermanjat (collection privée)
La fille du maître, Germaine Hermanjat, personnalité d'Aubonne
fille d'Abraham Hermanjat, une personnalité de la ville d'Aubonne
. (G. Hermanjat en 2001)
Née dans le sérail artistique, Germaine Hermanjat y resta ancrée sa vie durant. Tôt initiée aux multiples facettes de l'art, qu'il s'agisse de dessin, de peinture, d'émaux, elle ajoutait à cela un intérêt particulier pour la culture au sens large du terme et les voyages qui furent nombreux dans sa vie.
D'une nature volontaire et déterminée, à l'image de son père, elle aimait le bon goût et le cultivait. Jusqu'à la fin de sa vie, elle conservera son regard profond et malicieux avec lequel elle dévisageait son interlocuteur
Ses pas l'amenèrent à découvrir bon nombre d'horizons au-delà de nos frontières et beaucoup d'aubonnois gardent à coup sûr le souvenir des conférences captivantes et fort bien documentées qu'elle donnait périodiquement à Aubonne, à la salle du casino de l'Esplanade, alors que les moyens audiovisuels n'avaient pas encore pris la place qu'ils occupent actuellement..
Personnage attachant de la vie locale, elle pratiqua longtemps le vélo et même lorsque sa vue lui joua des tours, vers la fin de sa vie, elle ne manquait jamais de répondre aux personnes qui s'adressaient à elle.
Parvenue à un grand âge, Germaine Hermanjat s'éteignit tranquillement à l'hôpital d'Aubonne en 2002, après avoir pris ses dispositions testamentaires en léguant son héritage artistique à la ville de Nyon, en raison peut-être des attaches de feu son père avec plusieurs localités du district homonyme.
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Le nom d'avenue et de salle Hermanjat peut être de nature à intriguer le nouveau citoyen aubonnois ou le visiteur. A quel personnage se rattache ce nom, qui était-il et qu'a-t-il fait pour que les autorités du lieu décident de lui attribuer cet honneur ? C'est en réponse à ces diverses questions et pour honorer la mémoire de l'intéressé que le présent article tente de répondre en incluant également des informations sur la fille de l'artiste-peintre éponyme. 1. L'enfance et l'adolescence Originaire de Crassier, Abram Hermenjat naît le 29 septembre 1862 à Genève. Il passe une enfance paisible dans le village de Commugny, où son père possède un domaine agricole, puis à Coppet, dans une maison qui jouxte le lac. Probablement influencé par les goûts artistiques de sa mère, née Forestier et d'origine française, Hermenjat entre à 19 ans aux Ecoles municipales d'art, à Genève. Signe d'un caractère bien marqué (allié peut-être à un caprice d'artiste ?), il est intéressant de relever que c'est peu après 1880 que notre peintre décide de modifier l'orthographe de son prénom de Abram, en "Abraham" (en référence au patriarche éponyme ?), et vers 1912 de son patronyme, qui se muera de "Hermenjat" en "Hermanjat". Artiste précoce, Hermanjat est, de 1882 à 1886, l'élève du peintre Barthélémy Menn, lequel était imprégné de l'art du peintre Corot. Il s'illustre en particulier par la maîtrise des diverses représentations de paysages qu'il réalise durant cette période. 2. Pérégrinations ici et ailleurs En 1886, à l'âge de 26 ans, il se marie et part pour l'Afrique du Nord, où il effectue des séjours à Alger, Biskra, Constantine, et Bizerte, qui alternent avec de fréquents retours à Genève. Il reste de cette période de nombreux tableaux qui mettent en valeur son tempérament de "coloriste". Après dix années de pérégrinations diverses en Afrique du Nord, le peintre revient s'établir définitivement en 1896 en Suisse pour des raisons de santé. Il s'installe alors successivement à Lausanne en 1896, La Paudèze, près de Pully en 1901 et à Lignières-sur Chexbres en 1904, lieu à partir duquel il fait des séjours en montagne, aux Ormonts, à Chemin-sur-Martigny, Haute-Nendaz, Miex-sur-Vouvry, Verbier, La Joux-sur-Thollon. Au terme de ces séjours, le peintre avoue : "Après un dernier séjour dans les Alpes, je renonce à la montagne, qui est un titan, qui me domine et m'écrase de tous ses secrets..." Les œuvres exécutées par Hermanjat durant cette période illustrent l'art de coloriste qu'avait acquis Hermanjat, qui préparait d'ailleurs lui-même ses couleurs et s'ingéniait à rendre avec détail et éclat les fonds de ses tableaux. 3. L'installation définitive à Aubonne
Alors qu'il s'est complètement installé à Aubonne, les sujets abordés par le peintre à partir de 1914 se concentrent plutôt sur des bouquets de roses, des fleurs de champs et des portraits, ainsi que la peinture de barques et d'horizons lacustres. Entre 1920 et 1930, Hermanjat réalise une série de paysage du lac et des bords de l'Aubonne. "La grève rose" reste l'une de ses œuvres les plus marquantes de cette période. Reconnu et respecté à l'étranger, dans son pays natal et dans le canton de Vaud en sa qualité d'artiste-peintre, il ne s'éloigne dès lors plus guère de sa maison, mis à part pour quelques voyages à l'étranger, un séjour d'un mois à Villeneuve en 1924 et la participation à des jurys, à des séances de comité et à des commissions artistiques diverses. Il siège en particulier un temps au comité central de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses, dont il devient membre d'honneur. Il enseigna également quelques temps à l'Ecole cantonale de dessin, à Lausanne. Il prend part à de nombreuses expositions particulières et collectives dans les principales villes de Suisse aux côtés d'autres artistes renommés de son temps et dont il est aussi proche, tels que Amiet, Auberjonois, Barth, Buri, Augusto et Giovanni Giacometti, Hodler, Rodo, Surbeck, Trachsel, O. Vautier, Welti, entre autres. Il se rend également à l'étranger dans le cadre d'autres expositions à Amsterdam, Berlin, Budapest, Chicago, Cleveland, Mucih, Paris, Rome. Venise, Vienne et Wiesbaden. Il fut également l'ami, parfois le conseiller, de plus jeunes collègues, tels que Bosshard, Chinet, Clément. Gottofrey, Hartmann, Mermoud, Poncet ou encore Reymond, pour ce qui est des peintres de la Suisse romande. Il est malheureusement frappé d'une embolie cérébrale en 1930, à l'âge de 68 ans, qui lui altère irrémédiablement la vue et lui fait abandonner son art par la force des choses. Il s'éteint dans sa maison d'Aubonne le 12 octobre 1932, peu après son septantième anniversaire. (Sources : les renseignements biographiques donnés ci-dessus proviennent en bonne partie de l'opuscule du Musée du Léman à Nyon, intitulé "Collection Hermanjat", édité probablement à l'occasion de l'installation de la collection des toiles du maître dans les salles du musée qui lui ont été consacrées suite à la donation de sa fille, Germaine Hermanjat) 4. "Le Crêt", maison du maître à Aubonne A la suite du décès de sa fille, Germaine Hermanjat, en 2002, morte sans héritiers, l'immeuble échut par la volonté de la défunte entre les mains de la commune de Nyon, qui revendit la parcelle et l'immeuble qui y était construit à un particulier.
Avec son style particulier de type "chalet" et ses volets aux couleurs flammées d'Aubonne (rouge et jaune, "gueules" et "or" en langage héraldique) , la maison où vécut le peintre de 1911 à son décès, en 1932, puis sa fille, Germaine, jusqu'à son décès en 2002, fit partie du paysage du quartier jusqu'en 2007. Edifiée dans la première moitié de l'année 1911 sur un terrain autrefois planté de vignes, la maison reflétait bien l'esprit du maître des lieux. De par sa situation, tout d'abord, un peu isolée au-dessus du hameau de Trévelin, à l'écart de la bourgade d'Aubonne sans en être trop éloignée avec un panorama embrassant le lac Léman et les Alpes de Savoie. Rappelons qu'en 1911, le quartier du Poyet ne connaissait presque aucune construction et était utilisé soit en surface de champs ou de vignes. Puis ensuite, par sa disposition sur deux niveaux avec l'atelier de l'artiste et les communs au rez-de-chaussée et les deux chambres à l'étage.
Construction modeste certes, mais pas dénuée de charme avec une touche picturale reflétant la sensibilité du maître. Témoins en étaient les volets de l'étage qui conféraient à l'édifice un charme particulier avec un certain mystère propre à susciter des interrogations : si l'on se réfère à l'usage réservé dans le canton de Vaud aux couleurs des volets des cures, pouvait-il s'agir en l'occurrence d'une maison communale, compte tenu des couleurs des volets tirées de l'écu aubonnois ? On peut suspecter le maître des lieux d'avoir choisi et peints lui-même ces couleurs non seulement en raison du lieu de situation de sa maison, mais peut-être aussi par goût personnel de ces couleurs flamboyantes...!.
La distribution à l'intérieur de la maison s'effectuait par un escalier monumental en bois qui permettait l'accès aux deux chambres de l'étage supérieur.
Et encore d'autres photos des extérieurs, du jardin, de la vente publique in situ du 15 novembre 2003 et, en guise de conclusion, ...l'un des derniers coups de pelle de la démolition de l'édifice en novembre-décembre 2007 !
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